
Dès ce 14 au 16 octobre 2025, la capitale de la RDC, Kinshasa a accueilli le 2ᵉ Dialogue national sur la durabilité de l’écosystème des droits à la santé sexuelle et reproductive, un rendez-vous majeur réunissant autorités sanitaires, partenaires techniques, organisations de la société civile et experts du domaine. L’objectif : définir des stratégies concrètes pour réduire la mortalité maternelle et améliorer l’accès à l’avortement sécurisé dans le respect du cadre légal congolais.
Au cours des trois jours d’échanges, les participants ont dressé un état des lieux préoccupant. Malgré des efforts récents, la RDC enregistre encore un des taux de mortalité maternelle les plus élevés du continent. Les causes identifiées sont multiples : insuffisance d’infrastructures adaptées, manque de personnel qualifié, ruptures fréquentes d’intrants médicaux et persistance de pratiques dangereuses liées aux avortements clandestins.
Les discussions ont débouché sur plusieurs recommandations clés :
- Renforcer la formation des prestataires pour assurer des soins obstétricaux d’urgence et des services d’avortement sécurisé conformes aux normes internationales ;
- Améliorer l’approvisionnement en contraceptifs et produits essentiels, afin de réduire les grossesses non planifiées ;
- Investir dans des centres spécialisés capables d’offrir des services complets, y compris un accompagnement psychosocial ;
- Mener des campagnes communautaires pour lutter contre la stigmatisation et promouvoir une information fiable sur les droits reproductifs ;
- Créer un mécanisme national de suivi pour évaluer la qualité des services et l’application des politiques publiques.
Les engagements pris par les autorités portent notamment sur l’intégration renforcée des droits reproductifs dans les plans sanitaires provinciaux, l’augmentation progressive du financement national et la collaboration accrue avec les partenaires internationaux.
Pour les acteurs présents, ce dialogue marque une étape importante : il ouvre la voie à une approche plus durable, fondée sur la prévention, la qualité des soins et le respect des droits des femmes et des adolescentes. Si les défis restent considérables — inégalités régionales, poids des normes sociales, instabilité de certains territoires — les participants s’accordent à dire que la RDC dispose désormais d’une feuille de route plus claire pour transformer son système de santé reproductive.
Ce 2ᵉ dialogue national, notent plusieurs observateurs, pourrait ainsi constituer un tournant dans la lutte contre la mortalité maternelle et dans la promotion d’un accès équitable et sécurisé aux services de santé sexuelle et reproductive.
Faustin DUNIA CHANÇARD
Journaliste de paix
