
L’activiste environnementale congolaise Kahambu Phoibe fait actuellement l’objet de menaces persistantes en raison de son engagement pour la préservation des aires protégées, notamment dans le parc national des Virunga, situé dans l’est de la République démocratique du Congo.
Connue pour ses campagnes de sensibilisation à l’endroit des communautés riveraines, des braconniers, des groupes armés locaux (notamment les milices Maï-Maï) ainsi que de certains éléments des forces armées, Mme Kahambu milite activement pour la conservation des forêts et des écosystèmes lacustres dans un contexte marqué par le réchauffement climatique et la dégradation accélérée de l’environnement.

Cependant, son action n’est pas sans conséquences. Selon plusieurs sources concordantes, certaines franges de la population tirant profit d’activités illégales dans et autour du parc perçoivent son militantisme comme une menace à leurs intérêts économiques. Depuis plus d’un mois, Mme Kahambu reçoit des messages anonymes sur son téléphone, l’accusant d’être responsable d’un éventuel renforcement des contrôles dans les zones forestières et lacustres. Ses détracteurs insinuent que si des arrestations devaient avoir lieu, elle serait tenue responsable, et menacent directement sa sécurité.
Face à cette situation préoccupante, l’activiste a été contrainte de quitter la région pour se réfugier à Kinshasa. Installée temporairement dans la capitale, elle continue de vivre dans l’incertitude quant à la poursuite de ses activités en faveur de la protection de l’environnement.

Les organisations de défense des droits humains et de l’environnement appellent les autorités compétentes à garantir la sécurité des défenseurs de l’environnement, dont le rôle est crucial dans la lutte contre les crimes environnementaux et la protection du patrimoine naturel congolais.
Vous allez noter que, le parc national des Virunga, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est l’un des plus riches en biodiversité au monde, mais également l’un des plus menacés par l’exploitation illégale de ses ressources naturelles.
Faustin DUNIA CHANÇARD
Journaliste de paix
