
Du 14 au 15 janvier 2025, l’UNFPA a réuni à Goma (Nord-Kivu) les 50 membres du GT SSR (Groupe de Travail Santé Sexuelle et Reproductive) pour un atelier de planification stratégique en vue de l’année 2025. L’objectif : consolider les efforts en matière de santé sexuelle et reproductive dans un contexte humanitaire extrêmement précaire.
Depuis décembre 2024, la recrudescence des affrontements entre les forces armées nationales (FARDC) et le groupe armé AFC/M23 a provoqué une vague massive de déplacements dans l’Est de la RDC, en particulier dans le Nord-Kivu. En l’espace de trois semaines, plus de 400 000 personnes ont été déplacées autour de Goma.
Ces déplacements ont gravement fragilisé l’accès aux services essentiels, notamment les soins de santé, les corridors humanitaires sont coupés, des établissements ont été pillés ou détruits, tandis que les populations déplacées se retrouvent souvent dans des camps improvisés sans infrastructures adéquates.
Dans ce contexte, les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables : grossesses non désirées, accouchements à risque, violences sexuelles, infections sexuellement transmissibles, manque de soins prénatals ou postnatals autant de drames potentiels quand l’accès aux services est suspendu.
L’atelier de mi-janvier a permis d’aligner les acteurs ministères, organisations locales et internationales, agences du système des Nations unies autour d’un plan commun pour 2025.
Parmi les priorités identifiées :
- La mise en œuvre du paquet minimum de services SSR en situation d’urgence (accouchements assistés, soins obstétricaux, prévention des IST/VIH, planification familiale, prise en charge des violences sexuelles).
- Le renforcement de la coordination inter-acteurs pour éviter les chevauchements et rendre l’action plus cohérente et efficace.
- L’amélioration de la logistique et de la disponibilité des fournitures essentielles — kits de santé reproductive, médicaments, matériels d’urgence.
- Le plaidoyer auprès des décideurs et bailleurs pour un financement stable et suffisant, afin de répondre aux besoins croissants.
- L’identification des communautés vulnérables (déplacées internes, femmes enceintes, victimes de violences sexuelles) et leur intégration prioritaire dans les interventions.
Le discours d’ouverture, tenu par le Dr Solange Ngolissok, Coordinatrice du programme SSR à Goma, a insisté sur la nécessité de faire de la santé sexuelle et reproductive une priorité même en situation d’urgence. Elle a mis en avant l’approche « Dispositif Minimum d’Urgence (DMU) en SSR », capable d’atténuer la mortalité maternelle et néonatale, de répondre aux violences sexuelles, et de renforcer la résilience des communautés.
L’enjeu dépasse la seule survie qui s’agit de garantir le droit à la santé, à la dignité, à la sécurité des femmes et des filles, même et surtout en période de conflit.
Faustin DUNIA CHANÇARD
Journaliste de paix
