En République démocratique du Congo, un phénomène frappe les esprits : le taux officiel du dollar publié par la Banque centrale du Congo (BCC) s’élève à environ 2 660 FC pour 1 USD, mais dans la réalité quotidienne des Congolais, acheter des unités téléphoniques, payer un forfait Internet ou échanger du cash revient à utiliser un taux de 2 900 FC pour 1 USD. Cet écart interpelle : pourquoi une telle différence ? Qui fixe réellement le prix du dollar en RDC ? Et surtout, quelles conséquences pour les ménages et les entreprises ?
Le taux officiel du dollar en RDC
Le site officiel de la Banque centrale du Congo affiche régulièrement le cours indicatif du dollar. En moyenne, au mois de septembre 2025, le taux interbancaire était de 2 660 à 2 800 FC pour 1 USD.
Ce taux sert de référence pour les banques, les grandes entreprises et les institutions financières. Il est utilisé dans les transactions officielles, les contrats publics et certaines importations.
En théorie, ce taux devrait aussi s’appliquer aux citoyens dans la vie courante. Mais la pratique raconte une toute autre histoire.
Le taux parallèle : 2 900 FC pour 1 USD
Dans les marchés, les boutiques de téléphonie et auprès des cambistes, la réalité est tout autre :
- Pour acheter des unités Airtel, Vodacom ou Africell, le taux appliqué est 2 900 FC pour 1 USD.
- Dans les zones dites “occupées” ou éloignées du contrôle de l’État, ce taux s’impose sans discussion.
- Même pour les petites transactions, les ménages doivent accepter ce prix, bien plus élevé que celui affiché par la BCC.
Résultat : le citoyen lambda paie plus cher ses services et constate que le franc congolais perd de sa valeur beaucoup plus vite que ce qu’annonce l’État.
Pourquoi une telle différence de taux ?
La rareté des devises
Le dollar est massivement recherché en RDC, que ce soit pour importer, épargner ou voyager. L’offre étant limitée, le marché parallèle prend le dessus.
Le marché informel dominant
La majorité des échanges se font dans des circuits non officiels. Les cambistes fixent leurs taux selon la demande locale, souvent bien au-dessus du cours de la BCC.
La perte de confiance dans le franc congolais
Les Congolais préfèrent stocker leurs économies en dollars, ce qui accentue la pression sur la devise américaine.
L’absence de contrôle efficace
L’État publie un taux officiel, mais sans moyens réels pour l’imposer dans la rue ou sur les plateformes télécom.
Les conséquences pour les Congolais
- Pouvoir d’achat en chute : avec un taux réel de 2 900 FC, les prix des biens et services augmentent, alors que les salaires stagnent.
- Inflation déguisée : les produits importés (riz, farine, carburant, médicaments) deviennent encore plus chers.
- Inégalités sociales : seuls ceux qui ont accès aux circuits bancaires peuvent profiter d’un taux plus bas.
- Méfiance vis-à-vis de l’État : l’écart entre le discours officiel et la réalité alimente le sentiment d’injustice.
Quelles solutions possibles ?
- Stabiliser l’offre de devises en augmentant les réserves en dollars.
- Encadrer les cambistes pour réduire les marges abusives.
- Créer des plateformes numériques de change accessibles au grand public.
- Renforcer la production locale pour limiter la dépendance aux importations.
- Informer et sensibiliser les citoyens sur les mécanismes du taux de change.
Conclusion
La dualité du taux de change en RDC — 2 660 FC à la banque, 2 900 FC dans la rue — illustre une crise plus profonde : la faiblesse du franc congolais et la domination du marché informel. Tant que l’État n’arrivera pas à rapprocher le taux officiel du taux réel, les Congolais continueront de payer le prix fort dans leur quotidien.
MonJournal suivra de près cette situation qui touche directement le panier de la ménagère et la stabilité économique du pays.
