RDC : L’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba condamné à trois ans de travaux forcés

Faustin Dunia
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L’ancien ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba Tungunga, a été condamné à trois ans de travaux forcés par la justice congolaise. Le verdict, rendu public ce 02 septembre 2025 à la cour de cassation de Kinshasa, s’accompagne de peines complémentaires particulièrement lourdes : l’inéligibilité à toute fonction élective ainsi qu’une interdiction définitive d’accès à la fonction publique, applicables à l’issue de sa peine.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte politique tendu, alors que les institutions congolaises tentent d’afficher une volonté de rupture avec l’impunité qui a longtemps marqué la gestion publique. Le cas Mutamba revêt une forte charge symbolique : ancien visage de l’appareil judiciaire congolais, il se retrouve aujourd’hui au banc des accusés, condamné par l’institution même qu’il dirigeait.

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Les motifs exacts de la condamnation ont été rendus publics dans le détail, pour rappel, ce dernier est poursuivi dans l’affaire de détournement de fond public. Le ministère public, de son côté, n’a pas encore commenté la sentence.

Figure montante de la scène politique congolaise ces dernières années, Constant Mutamba avait accédé à des postes stratégiques au sein du gouvernement. Juriste de formation et connu pour ses prises de position souvent tranchées, il avait notamment défendu des réformes controversées dans le secteur judiciaire, tout en étant accusé par certains acteurs de la société civile de servir des intérêts partisans.

Sa chute marque un tournant dans sa carrière politique, et soulève de nombreuses interrogations quant aux véritables motivations derrière cette condamnation : volonté réelle de justice ou règlement de comptes politiques ? Les avis restent partagés.

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L’ancien ministre, par l’intermédiaire de ses avocats, a annoncé son intention de faire appel de la décision. La procédure pourrait ainsi se prolonger devant les juridictions supérieures, ouvrant une nouvelle séquence judiciaire dont les conséquences pourraient aller bien au-delà de la personne de Mutamba.

En attendant, cette affaire relance le débat sur l’assainissement de la vie publique en République démocratique du Congo. Plusieurs ONG et organisations de défense des droits humains ne se sont pas encore prononcées quant à au verdict qui est considéré comme un « signal fort » envoyé à ceux qui occupent des fonctions étatiques. Mais ce silence pourrait tout amener aux questionnements sur les poursuites des hommes politiques.

Faustin DUNIA CHANÇARD

Journaliste de paix

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