Du 3 au 6 septembre 2025, l’Afrique du Sud sera le théâtre de la deuxième édition du Dialogue africain sur la paix et la sécurité, organisé par la Fondation Thabo Mbeki. Cette rencontre entend réunir l’ensemble des acteurs impliqués dans la crise congolaise pour un échange inclusif. Une ambition louable, mais qui soulève déjà des interrogations.
Une conférence aux ambitions élevées
Les invitations lancées couvrent un spectre très large : gouvernement congolais, cabinet présidentiel, opposition politique, société civile, confessions religieuses, mais aussi certains groupes armés. Parmi les figures attendues figurent des noms majeurs : Moïse Katumbi, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi.
L’objectif affiché ? Créer un espace de dialogue pour renforcer la paix et la sécurité en RDC. Mais la question qui revient chez les observateurs est simple : ce rendez-vous peut-il réellement changer la donne ?
Des questions qui dérangent
Si l’initiative est saluée pour son ambition, plusieurs zones d’ombre persistent :
Quels engagements concrets pourraient naître de cette rencontre ? Qui en est le véritable moteur et avec quels financements ? Et surtout : pourquoi ce choix de moment, alors que la situation sécuritaire dans l’Est reste critique ?
Pour certains analystes, ce type de conférence risque de s’ajouter à la longue liste de sommets africains aux résultats limités.
Une participation incertaine
La Fondation Thabo Mbeki affiche la volonté d’inclusivité, mais la participation effective de tous les acteurs n’est pas garantie.
Le gouvernement sera-t-il prêt à dialoguer face à des opposants qu’il accuse régulièrement de complots ? Les chefs rebelles, eux, répondront-ils à l’appel alors que les violences armées se poursuivent dans plusieurs provinces ?
Un dialogue sous conditions
Le terme « inclusif » est sur toutes les lèvres, mais quels sujets seront réellement mis sur la table ? Le partage du pouvoir, la gestion des ressources naturelles, ou encore l’impunité des chefs de guerre ? Ou bien ces questions centrales seront-elles écartées au profit d’une déclaration consensuelle ?
Entre espoir et scepticisme
Ce dialogue intercongolais porté par Thabo Mbeki suscite un mélange d’attentes et de doutes. Si l’initiative débouche sur un processus de paix concret, elle pourrait marquer un tournant pour la RDC. Mais si elle se limite à un exercice diplomatique, elle ne sera qu’un mirage de plus dans le désert des illusions politiques.
